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Interview : André Payerne, Président fondateur

Interview : André Payerne, Président fondateur

Retour sur ces 10 ans :

Mon parcours d’entrepreneur s’est enrichi au contact de nos salariés issus du secteur éducatif. C’est une véritable rencontre des différences, où chacun apporte à l’autre. Grandir ensemble n’a jamais eu autant de sens.

Après dix ans d’expérience, je peux l’affirmer : Tous ces enfants sont notre avenir, ils viendront enrichir notre communauté nationale.

Deux éléments m’ont particulièrement marqué dans cette aventure :

  • La richesse d’une approche ancrée dans l’opérationnel, qui nous confronte chaque jour à la réalité du terrain.
  • La mesure d’impact : après une décennie, nous constatons concrètement les effets de notre action.

Quelle que soit leur origine, si nous leur donnons les moyens de réussir, ils bâtiront demain. C’est une immense satisfaction.

Votre plus beau souvenir ?

Il y a quelques années, nous avons emmené les enfants et leurs parents – principalement les mamans – jusqu’à la Croix du Nivolet, surplombant Chambéry. C’était une véritable aventure, la découverte de la vue sur la ville et le lac a été un moment fort en émotion. Ce fut un instant de partage intense, où l’affection et l’unité étaient palpables. Une expérience rare, inoubliable.

Un enfant qui vous a particulièrement marqué ?

Oui, Nérimen. Elle est entrée chez nous à l’âge de 8 ans et aujourd’hui, dix ans plus tard, elle a 18 ans et ambitionne de devenir expert-comptable. Ce qui me touche le plus, c’est qu’elle souhaite, à son tour, redonner aux autres. C’est une belle réussite.

Votre plus grande difficulté ?

Être reconnu et accepté dans les instances publiques. Il a fallu du temps, mais aujourd’hui, nous avançons ensemble, avec confiance et respect.

Quel message adresser aux pouvoirs publics ?

Entrepreneurs et responsables politiques viennent d’univers différents, avec des compétences, des logiques et des cultures propres. Mais ces différences doivent s’additionner pour être plus efficaces au service du bien commun.

Qui vous a inspiré dans votre parcours ?

En créant Ma Chance Moi Aussi, j’ai eu des échanges constructifs avec des responsables des Apprentis d’Auteuil, qui m’ont beaucoup inspiré. Et surtout, Alain Mérieux, une véritable montagne d’engagement et de générosité.

Le rôle clé de Catherine Dolto

Lorsque nous avons évoqué les risques de notre projet, Catherine Dolto a été une voix précieuse. À la fin de notre échange, elle m’a dit quelque chose de fondamental :

Oui, il y a des risques. Mais si tu ne fais rien, ce sont eux qui seront en risque.

— Catherine Dolto

J’avais mené une analyse de risques approfondie, notamment sur la perception des familles et des enfants de Ma Chance Moi Aussi par leur environnement.

Finalement, aucun des risques redoutés ne s’est concrétisé. Au contraire, ces familles et ces enfants sont devenus des ambassadeurs de nos fondamentaux éducatifs.

Catherine avait raison. Et elle m’a posé une question essentielle : Pourquoi hésites-tu ? Un industriel prend tous les risques. Alors vas-y.

Un conseil qui a résonné en moi et qui continue de guider mon engagement.

Quel message pour les acteurs du monde économique ?

L’État ne peut pas tout. Les entreprises peuvent allier réussite économique et impact social. Je suis un fervent défenseur de l’entreprise à mission, un modèle promu par Jean-Dominique Senard. Il est temps d’agir ensemble pour un environnement social et économique plus solidaire.

Votre objectif pour 2025 ?

Trois axes majeurs :

  • Consolider la finance de Ma Chance Moi Aussi pour assurer sa pérennité ;
  • Étendre notre modèle grâce à la franchise, en nous développant au-delà de l’Auvergne-Rhône-Alpes et de l’Île-de-France, vers les autres régions ;
  • Faire entendre notre voix auprès des pouvoirs publics afin qu’ils participent financièrement à notre développement.

Votre vision pour Ma Chance Moi Aussi dans dix ans ?

Nous souhaitons être implantés dans les principaux quartiers prioritaires (QPV) de France. Nous n’irons pas partout – il faudra faire des choix –, mais nous visons les zones où l’enjeu éducatif est le plus fort.

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