Compétences psychosociales
Les compétences psychosociales (CPS) sont définies par l’OMS comme la capacité d’une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. Elles sont essentielles pour le bien-être et la réussite scolaire et sociale de tout enfant.
Les compétences cognitives : Avoir conscience de soi, savoir résoudre des problèmes, prendre des décisions et avoir une pensée critique et créative.
Les compétences émotionnelles : Identifier et réguler ses émotions, gérer son stress, s’auto-évaluer positivement (estime de soi).
Les compétences sociales : Communiquer efficacement, développer de l’empathie, gérer les conflits, savoir dire « non » (assertivité).
Travailler ces 3 groupes de compétences entre 6 et 16 ans demande une approche progressive, car l’enfant passe d’un besoin de structuration émotionnelle (primaire) à un besoin d’affirmation de son identité et de sa pensée critique (collège/lycée).
Le savoir-être, un levier de réussite scolaire et d’inclusion sociale
Ma Chance Moi Aussi intègre le développement des compétences psychosociales au cœur de son modèle éducatif grâce à un accompagnement global et de longue durée. En accueillant les enfants dès le CP, elle crée d’abord un cadre sécurisant où le référent devient un modèle de stabilité.
C’est dans cette relation de confiance, ainsi que lors des ateliers psychoéducatifs et des activités partagées, que l’enfant apprend à identifier et réguler ses émotions, passant de la réaction impulsive à l’expression de ses besoins.
De 6 à 11 ans (Cursus 1) : Se connaître et vivre avec les autres
À cet âge, l’objectif est de poser les bases de la vie en société et de la compréhension de soi :
- Identifier les émotions en apprenant à mettre des mots sur ce que l’on ressent (la météo intérieure).
- Développer l’empathie en comprenant que l’autre peut ressentir des choses différentes de soi.
- Coopérer en travaillant en groupe, en respectant les autres et partageant les tâches.
- Résolution de petits conflits en utilisant des outils comme les « messages clairs » (exemple : Quand tu fais ça, je me sens…, j’aimerais que…).
De 11 à 15 ans (Cursus 2) : S’affirmer, s’orienter et devenir citoyen
C’est la période de la puberté et de l’importance croissante du groupe de pairs :
Pensée critique : apprendre à ne pas croire tout ce qu’on voit sur les réseaux sociaux ou ce que disent les amis.
Résistance à la pression du groupe : savoir dire non à une cigarette, à un défi dangereux ou à un comportement de harcèlement.
Gestion du stress : apprendre des techniques de respiration ou d’organisation pour faire face à la charge de travail scolaire.
Estime de soi : valoriser ses forces et accepter ses imperfections durant les changements physiques et émotionnels propres à l’adolescence.
C’est également une période où l’adolescent prépare son autonomie et son orientation future.
Prise de décision : apprendre à faire des choix d’orientation basés sur ses propres valeurs et non par défaut.
Gestion complexe des émotions : faire face aux sentiments amoureux, aux déceptions et à l’anxiété liée à l’avenir.
Le référent éducatif, clé de voûte du dispositif
Contrairement à un enseignant classique ou à un animateur ponctuel, le référent est une figure de stabilité qui suit l’enfant sur plusieurs années. Ce métier spécifique à Ma Chance Moi Aussi permet ainsi d’amplifier la transmission des CPS sur plusieurs aspects :
1. La posture de « modèle de comportement »
Le référent n’enseigne pas les CPS uniquement de manière théorique, il les incarne. Par sa gestion calme des tensions, son écoute active et sa communication respectueuse, il offre aux enfants un miroir constant. Les enfants apprennent par imitation : en voyant leur référent réguler son stress ou faire preuve d’empathie, ils intègrent ces comportements comme étant la norme.
2. Le créateur de sécurité affective
Le développement des CPS, comme l’auto-évaluation positive ou la gestion des émotions, ne peut se faire que si l’enfant se sent en sécurité. Le référent assure ainsi :
- une présence quotidienne et prévisible ;
- un regard bienveillant et inconditionnel, ce qui permet à l’enfant de prendre des risques (essayer, se tromper, recommencer) sans crainte du jugement ;
- l’ancrage émotionnel lors des moments de crise.
3. Le médiateur du groupe
Dans les moments collectifs (ateliers, jeux, sorties), le référent agit comme un facilitateur de relations.
Il transforme chaque conflit en une opportunité d’apprentissage en guidant les enfants vers la recherche de solutions par eux-mêmes (pensée créative et résolution de problèmes).
Il veille à l’inclusion de chacun, apprenant ainsi aux enfants à valoriser la diversité et à pratiquer l’empathie au sein du groupe.
4. Le lien avec la famille et l’école
Le référent fait le pont entre la sphère scolaire et la sphère familiale. En partageant les outils de gestion émotionnelle avec les parents, il assure une cohérence éducative. Cela évite que l’enfant ne soit confronté à des règles de savoir-être contradictoires, ce qui renforce sa capacité à stabiliser ses nouvelles compétences dans tous ses environnements de vie.
Un programme holistique de « co-éducation à la vie »
L’accompagnement de Ma Chance Moi Aussi ne se limite pas à du simple soutien scolaire ; c’est un programme complet tenant compte de toutes les dimensions éducatives, émotionnelles et sociales de l’enfant. Les CPS prodiguées quotidiennement agissent ainsi comme un catalyseur qui transforme durablement la trajectoire des enfants sur trois plans fondamentaux.
Savoir-apprendre : la réussite du parcours scolaire
Les CPS sont le socle invisible de l’apprentissage. Un enfant qui sait gérer son stress et réguler ses émotions est un enfant capable de rester concentré face à une difficulté au lieu de se décourager ou de s’agiter.
Savoir-devenir : la trajectoire personnelle
En travaillant sur l’autonomie et la prise de décision, l’association permet aux jeunes de s’extraire du déterminisme social.
Les jeunes apprennent à faire face aux épreuves de la vie quotidienne sans basculer dans des comportements à risque (violence, addictions).
Le développement de la pensée critique les aide à ne plus subir leur orientation, mais à devenir acteurs de leur propre vie, en identifiant leurs forces et leurs aspirations réelles.
Vivre-ensemble : la relation aux autres et la participation citoyenne
C’est ici que l’impact sociétal est le plus fort. L’association forme ainsi des citoyens responsables et éclairés :
- Empathie et communication : en apprenant à écouter et à comprendre les besoins des autres, les jeunes développent des relations saines et constructives. Ils remplacent la loi du plus fort par celle du dialogue.
- Sens du collectif : à travers la pratique d’activités sportives, les ateliers et les projets de groupe, ils intègrent des valeurs de solidarité et de respect des règles communes.
- Esprit critique : un adolescent « éclairé » est capable de résister aux pressions de groupe ou aux discours extrêmes car il a appris à analyser l’information et à affirmer ses propres convictions.