Accueil | Établissements | Sartrouville | Stéréotypes, préjugés et tolérances
Actualités
Retour à la liste des articles

Stéréotypes, préjugés et tolérances

Sartrouville
Stéréotypes, préjugés et tolérances

Les stéréotypes de genre, profondément ancrés dans nos sociétés, influencent dès le plus jeune âge la manière dont les enfants perçoivent le monde qui les entoure. Ces stéréotypes, qu’ils soient culturels, sociaux ou éducatifs, façonnent les aspirations, les comportements et les attentes envers les garçons et les filles. Un exemple frappant de ces préjugés se trouve dans la vision de certains enfants selon laquelle les filles ne peuvent pas être pilotes de course, ou que les garçons ne peuvent pas faire de gymnastique.

Ces idées, souvent véhiculées par les médias, l’éducation familiale ou scolaire (environnement quotidien), créent une frontière artificielle entre ce qui est perçu comme acceptable ou non en fonction du sexe. Ainsi, une question importante se pose : comment ces stéréotypes limitent-ils le développement des enfants et leur perception de leurs capacités et de leurs choix futurs ? Cette réflexion nous invite à explorer l’impact de ces stéréotypes sur l’identité de genre des jeunes générations et à questionner les normes sociales qui les sous-entendes.

Comment travailler sur la problématique :

Après avoir fait ce constat, nous voulions apporter une autre façon de voir les stéréotypes et les différentes possibilités qui s’offrent aux enfants comme : les différents loisirs, les différents métiers, les choix de couleurs etc.

Nous souhaitions qu’ils puissent voir le quotidien qui les entourent autrement, avec des exemples concrets, des temps de débats, des expériences vécues mais aussi des images, des articles ou des vidéos. Pour travailler au mieux sur ce sujets, qui a une place importante dans notre société actuelle, nous avons fait appel à une intervenante, Mégane Verdier, spécialisé dans le théâtre et le cinéma. Nous voulions que les enfants soit totalement acteur de ce projet, qu’ils puissent choisir leurs personnages, la thématique et le décor.  

Notre psychologue, qui intervient au sein de notre association, a jugé que le sujet des stéréotypes était particulièrement pertinent pour les travaux à mener avec les enfants. Elle a ainsi proposé de mettre en place des ateliers sur cette thématique.

Ces ateliers permettront de mieux comprendre et d’analyser les stéréotypes, tout en offrant un espace de réflexion et de discussion sur les émotions et les ressentis de chacun face à ces notions. L’objectif est de permettre à chaque enfant de prendre conscience de ses propres réactions et de mieux appréhender l’impact des stéréotypes sur leur vécu personnel et collectif.

Les ateliers

Mégane VERDIER :

Autrice-réalisatrice, elle anime des ateliers vidéo pour « Ma Chance Moi aussi » avec quatre groupes d’enfants. L’objectif finale de ces ateliers est la réalisation de quatre mini courts-métrages (un film par groupe). Chaque film devra mettre en scène un « super-héros de la tolérance ». Le but est de sensibiliser les enfants à la tolérance, au respect des différences et à la compréhension mutuelle, tout en les initiant au langage cinématographique.

Son atelier :

Pour travailler sur les stéréotypes de genre avec les enfants, elle leur a demandé de choisir entre plusieurs histoires. Dans le but de les mettre en scène et de les filmer. Plusieurs propositions ont été faites et à la fin ils avaient le choix entre : raconter l’histoire d’un petit garçon qui veut devenir coiffeur ou bien une petite fille qui veut devenir pilote de Formule 1. Sans trop de surprises c’est l’histoire de la petite fille qui a été retenue. Les enfants semblent mieux accepter que les filles fassent des activités culturellement appréciées par les garçons, plutôt que l’inverse.

Héroïne inventée par Marvelyn

Réalisation du scénario et débat fille /garçons

Néanmoins, beaucoup d’enfants ont manifesté leurs réticences face à cette histoire. « Oui mais elle ne peut pas être forte » voire carrément « ça n’existe pas ». La fois suivante elle leur faisait voir des images d’une pilote de Formule 1 sur un circuit et sur un podium.

Elle insiste alors sur l’égalité filles-garçons. Nous sommes tous égaux. En France nous avons les mêmes droits. Sur le papier, c’est assez clair. A ce moment-là pour la plupart des enfants aussi.  Puis le débat se poursuit : « Ok mais y’en a quand même moins des filles pilotes ». Oui. Dans les mentalités c’est plus complexe. Elle essaye alors de faire comprendre aux enfants qu’en effet il y a moins de femmes pilotes car c’est plus dur pour elles. Les femmes doivent d’abord briser ces stéréotypes de genre pour y parvenir. Et surtout si on répète aux petites filles qui ont ce souhait à longueur de journée que ce sport est réservé aux garçons, elles risquent de se décourager.

Discussions libres sur l’égalité filles/garçons

Il est important de montrer aux enfants des modèles de femmes exerçant une activité ou un métier, perçu comme masculin dans notre culture, pour justement bousculer les représentations. Et permettre aux petites filles de se projeter. Pour qu’une petite fille ait envie de devenir pilote, il faut qu’elle en voie. Elle espère insister sur ce point avec eux lors de l’écriture de la scénette.

Bianca Bustamante. Cette jeune pilote philippine de 18 ans est la nouvelle recrue de l’écurie McLaren pour la F1 Academy. Elle devient ainsi la première femme pilote à s’inscrire au programme de développement de l’équipe.

La question des représentations est importante. Lors d’un autre atelier, elle leur a fait voir un des premiers films de l’histoire du cinéma : le premier film d’Alice Guy. (La fée aux choux) Alice Guy était une réalisatrice phare au début du XXe siècle et a grandement contribué à l’essor du cinéma, puis volontairement oubliée dans l’histoire, son travail et ses films éclipsés au profit de Georges Méliès et les frères Lumières. Mégane leur a dit qu’une femme était aussi capable de marquer l’histoire, mais surtout d’inventer et de diriger. En 2025 mais aussi depuis toujours.

Alice Ida Antoinette Guy-Blaché était une réalisatrice française pionnière. Elle fut l’une des premières cinéastes à réaliser un film de fiction narrative, ainsi que la première femme à réaliser un film. De 1896 à 1906, elle fut probablement la seule femme cinéaste au monde.

Il y a un gros travail à effectuer auprès de certains garçons qui adorent se penser plus forts, invincibles et par exemple disent ne pas avoir peur, jamais. Nous tachons de de leur faire comprendre que nous sommes humains, que tout le monde a des émotions, que les garçons aussi ont peur.

Le court métrage :

Après avoir abordé les stéréotypes de manière approfondie avec les enfants, le projet de court-métrage qu’ils avaient imaginé et écrit a progressivement pris forme. Grâce à l’accompagnement de Mégane, ils ont travaillé ensemble sur la construction du scénario, l’attribution des rôles pour chaque participant, ainsi que la conception de certains décors. Les enfants ont eu l’opportunité de laisser libre cours à leur imagination tout en développant des compétences créatives et techniques.

Scénario réaliser par les enfants

1,2,3 actions, silence ça tourne !

Le court-métrage final sera diffusé lors de la fête de l’établissement de Sartrouville, un événement attendu qui permettra de partager leur travail avec la communauté scolaire. Dans ce projet, chaque enfant a occupé un rôle essentiel : certains ont joué devant la caméra en tant qu’acteurs, d’autres ont participé à la gestion technique en tant que caméramans, régisseurs ou monteurs. Chacun a contribué à sa manière à la création du film, ce qui a permis de renforcer leur collaboration et leur compréhension des différents aspects de la réalisation d’un projet audiovisuel.

Ce court-métrage va bien au-delà d’un simple exercice créatif. Il sert de support pour déconstruire les stéréotypes liés aux rôles et comportements associés aux genres. À travers ce projet, les enfants ont eu l’occasion de réfléchir et de remettre en question les idées reçues, tout en expérimentant la liberté d’expression de leurs propres idées et visions. Ce processus les a encouragés à explorer de manière ludique et réfléchie les notions de genre et à libérer leur créativité dans un environnement inclusif et collaboratif.

Hafsa OUAKRIM :

Durant cette période, nous avons exploré cette thématique avec l’aide de notre psychologue qui intervient dans le cadre d’atelier en groupe sur les émotions et l’estime de soi.

Elle a animé des ateliers interactifs, permettant d’aborder de manière ludique diverses émotions et ressentis, favorisant ainsi une meilleure compréhension de soi et des autres au sein du groupe.

Son atelier :

À la suite de ses observations au cours des différents ateliers, elle a été interpellée par les croyances de certains enfants qui représentent les stéréotypes de genre qu’ils intègrent au cours de leur développement comme l’exemple d’un garçon qui pense que “les filles ne jouent pas aux jeux vidéo” ou une enfant qui m’a déclaré “qu’elle ne pouvait être forte en foot car elle est une fille”. De là, elle a décidé de proposer aux enfants une activité ayant pour but le questionnement et la déconstruction des stéréotypes de genre.

L’activité en question est celle de la “Famille Panda” qui consiste en premier lieu à montrer aux enfants un ensemble d’images de pandas d’âges différents, faisant des activités et des métiers diverses (peinture, jeux à la poupée, donner le biberon à un enfant, etc.) et puis de leur demander d’identifier, pour chacune des images, s’il s’agit d’une représentation d’une femme, d’un homme ou s’il peut s’agir des deux. Dans un deuxième temps, nous avons ouvert un débat entre les enfants en partant des images et des réponses de chacun. Elle ainsi animé le débat en posant des questions du genre :

– Que fait-il ou que fait-elle ?

– Pourquoi penses-tu qu’il s’agit d’une maman ? d’un papa ?

– Et toi, as-tu déjà fait cette activité ?

– As-tu déjà vu une femme (un homme) faire cette activité ?

Le débat entre enfants était riche en échanges et en partage d’expériences avec des avis divergents ; certains estimant que les métiers et les jeux sont genrés (ex: les poupées sont pour les filles, le football pour les garçons, le repassage des vêtements une activité de femmes, etc.) et d’autres estiment, au contraire, que les filles et les garçons peuvent faire et aimer les mêmes activités ainsi que les mêmes couleurs (rose et bleu).

Un thème autre revenait souvent dans les discussions des enfants concernant le manque de femmes ou de représentations de femmes dans plusieurs domaines dont la peinture professionnelle, par exemple. Ces échanges ont permis à certains enfants de changer leur avis par rapport à ces stéréotypes. Nous avons remarqué que les enfants étaient impliqués dans l’activité et intrigués par le sujet.

Hafsa a projeté aux deux promotions deux vidéos différentes relatives aux stéréotypes de genre et à l’égalité fille-garçon ; l’une est éducative et l’autre est sous forme de dessin animé intitulé “chouette pas chouette”.

Nous avons conclu l’atelier par le message suivant : “Fille ou garçon, Madame ou Monsieur, les activités, les métiers et les couleurs dépendent des goûts des uns et des autres et pas du genre de la personne”.

Cet article souligne l’importance de remettre en question les stéréotypes de genre et de société dès le plus jeune âge. La création d’un court-métrage avec les enfants, projet que nous présenterons aux familles lors de notre événement de fin d’année, représente une manière innovante et ludique de sensibiliser à ces questions cruciales.

Ce projet revêt une grande importance car il va au-delà de la simple transmission de connaissances ; il invite à une réflexion collective sur des valeurs telles que l’ouverture d’esprit, la tolérance et le respect de l’autre.

En partageant ce travail avec les familles, nous offrons une occasion unique de dialoguer sur des sujets souvent délicats mais essentiels, afin de cultiver une société plus inclusive, où chaque individu, indépendamment de son genre, peut s’épanouir librement. Cette démarche ouvre la voie à une meilleure compréhension mutuelle et à un changement positif dans notre manière de percevoir et de traiter les autres.

Fonda Bentot / Directrice établissement Ma Chance Moi Aussi Sartrouville

Siham Zahdali / Référente éducative Ma Chance Moi Aussi Sartrouville

Avec la participation de Mégane Verdier intervenante cinéma et Hafsa Ouakrim psychologue Ma Chance Moi Aussi Sartrouville

Partager l'article :